Ernest Nister
DÉCOUVREZ L'HISTOIRE INDUSTRIELLE DE NOTRE TERRITOIRE

Industries et innovations

  • Histoire de notre région

La révolution industrielle des XIXème et XXème siècles voit fleurir des centaines d’entreprises et d’idées innovantes partout dans le monde, et le Valois n’échappe pas à la règle. Ici, l’industrie est majoritairement agricole et l’on ouvre par exemple des sucreries, où l’on exploite la betterave à sucre. Cependant, notre territoire ne se résume pas qu’à son agriculture ! On peut aussi y trouver une industrie importante... 

 L’industrie automobile au cœur de Pierrefonds  

Clément Bayard et l'industrie automobile

Adolphe Clément naît à Pierrefonds en 1855. S’intéressant aux courses cyclistes, il quitte le domicile familial, à dix-sept ans, à bicyclette. Il ouvre un premier magasin de bicyclettes à Marseille en 1875, qu’il appelle “Clément”. Il fabrique lui-même ses produits, en proposant des vélos en acier et non plus en fer. Dès lors, Adolphe Clément crée de plus en plus d’entreprises, commercialisant d’autres bicyclettes, un premier monospace, un tricycle à moteur... En 1886, Clément est l’un des industriels français les plus prolifiques du pays. Il est également le premier à mettre les bicyclettes sur pneumatiques.  

Au cours des années 1910, c’est l’essor des ballons dirigeables. Les entreprises Clément & Cie, devenues Clément-Bayard en 1909, construisent alors un dirigeable militaire, dont les premiers essais se font à Cuise-la-Motte et Trosly-Breuil. Le ballon de Trosly-Breuil s’envole vers Londres, soit trois cent quatre-vingt-dix kilomètres de parcours. En 1911, l’entreprise construit, pour l’armée française, son troisième dirigeable nommé “Adjudant Vincenot”,  du nom d’un adjudant mécanicien mort à bord d’un dirigeable deux ans auparavant. Modifié en 1913 pour le rendre plus léger, plus maniable et donc plus rapide, l’Adjudant Vincenot est comparé au Zeppelin allemand, leader dans le domaine. À cause de cela, il est souvent pris pour cible par l’armée française, qui a bien du mal à différencier les deux ballons. En 1916, on le confond encore et il est abattu par les Français. Ce n’est pourtant pas la fin des entreprises Clément-Bayard, puisque l’industriel continue à se perfectionner dans le domaine de l’automobile et de l’aéronautique, tout en aidant financièrement d’autres entreprises des environs. 

Jules Beau
Jules Beau
Jules Beau
G. Duclos

  La betterave à sucre

La sucrerie de betterave Mils et Cie

Fondée en 1851 par Ferdinand Mils, l’usine de Berneuil-sur-Aisne est au cœur d’une tradition industrielle picarde : elle transforme la betterave en sucre. L’histoire de la betterave à sucre commence au début du XIXe siècle, dans les années 1810. Partout en France, on ouvre des raffineries, des sucreries, et la Picardie entre rapidement dans la course. Avec une première fabrique ouverte à Château-Thierry en 1811, la région en compte rapidement cent sept en 1838, étalées sur tout son territoire, produisant ainsi plus de vingt-et-un pourcent du sucre français. L’usine de Berneuil-sur-Aisne naît quelques années après, pratiquement au même moment que celle de Berny-Rivière, dans l’Aisne.  

Tout au long du XIXe siècle, l’usine de Ferdinand Mils s’étend et se modernise, s'équipant, par exemple, d’un embranchement ferroviaire qui permet l’acheminement des matières premières jusqu’à l’usine. Le début du XXe siècle fait naître une toute nouvelle salle des machines, très moderne pour l’époque, alors que la Picardie totalise la moitié de la production nationale de sucre. 

Malheureusement, toutes les technologies créées au sein de la sucrière de Berneuil-sur-Aisne sont détruites pendant la Première Guerre mondiale. Dès l’arrêt des tirs, les travaux de reconstruction commencent et la nouvelle usine voit le jour en 1921. En 1936, elle est même électrifiée ! En 1956, après le rachat de la sucrerie de Pierrefonds, le site de Berneuil accueille un silo supplémentaire. C’est au cours de cette dernière période que les cheminées d’usine sont reconstruites. L’histoire suit son court jusqu’en 1996, où l’activité de l’usine est arrêtée. Entre 1852 et 1996, la production passe de trois tonnes de sucre par an à soixante-sept mille tonnes. 

 

Région Hauts-de-France - Inventaire général
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 Industrie d'antan, artisans d'aujourd'hui...

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